Normalité ou anormalité?
Lorsqu’on regarde un graphique boursier à long terme, la tendance est souvent claire : le marché monte. Mais cette vision « vue de loin » masque une réalité beaucoup plus mouvementée à court terme.
Nouvelles données économiques, changements à la politique monétaire, évènements géopolitiques surprises…Le marché réagit en permanence.
En pratique, les marchés ne progressent jamais en ligne droite. Les reculs intraannée font partie intégrante de l’expérience de tout investisseur.
Et pourtant, ces baisses temporaires sont souvent perçues comme des anomalies… alors qu’elles sont plutôt la norme.
Les données du S&P/TSX entre 1970 et 2025 montrent que le marché boursier canadien a été marqué par des reculs intraannée fréquents… et persistants.
Sur 56 années observées :
- 95 % des années (53 sur 56) ont connu au moins un recul de 5 % ou plus.
- 59 % des années (33 sur 56) ont subi une baisse de 10 % ou plus en cours d’année.
- 43 % des années ont connu un recul de 15 % ou plus.
- 27 % des années ont vu le marché reculer de 20 % ou plus à un moment donné.
- Les reculs très marqués demeurent plus rares :
- 13 % des années ont dépassé une baisse de 30 %,
- et une seule année sur 56 (2 %) a connu un recul intraannée de 40 % ou plus.

Source : CIO Office (Data via Refinitiv)
Ces chiffres mettent en évidence un point fondamental : les baisses modérées sont la norme, les baisses extrêmes sont l’exception.
Malgré le niveau d’inconfort que ces reculs peuvent créer, ils jouent un rôle sain :
- ils désamorcent les excès,
- réajustent les valorisations,
- et créent parfois des points d’entrée plus favorables pour les investisseurs à long terme.
Le vrai risque : confondre volatilité et perte permanente
Comme un recul intra-année n’est pas synonyme d’une année négative pour autant, le danger pour l’investisseur n’est pas tant le recul intraannée que la réaction émotionnelle qu’il peut provoquer. Sortir du marché au mauvais moment peut transformer une baisse temporaire en perte permanente.
L’histoire montre que :
- les marchés finissent par se redresser,
- mais les meilleures journées de rendement surviennent souvent près des pires, ce qui pénalise fortement les investisseurs qui tentent de « timer / synchroniser» le marché.
En conclusion
Les reculs intraannée ne sont ni des anomalies ni des signaux d’alarme automatiques. Ils sont une constante de l’histoire boursière.
Comprendre cette réalité permet de :
- mieux gérer les attentes,
- réduire les décisions émotionnelles,
- et rester aligné avec une stratégie d’investissement de long terme.
En investissement, ce n’est pas l’absence de volatilité qui crée la richesse, mais la capacité à la traverser.