Avril nous a offert une séquence d’actualités pour le moins déroutante.
Le 16 avril, on apprend que le passage dans le détroit d’Ormuz est limité.
Le lendemain, tout est redevenu normal.
Puis, le 18 avril, on évoque la possibilité d’une fermeture.
Le 19, le ton monte encore.
Le 20, cette fois, on annonce que le détroit est fermé.
Et le 21… il est à la fois ouvert et fermé, dépendamment de la source.
Bref, difficile de suivre.
Et pourtant, pendant que l’actualité oscillait entre incertitude et tensions, les marchés financiers ont fait quelque chose d’encore plus surprenant :
Le 22 avril… ils atteignaient des sommets historiques.

Face à ce genre de nouvelles, la réaction instinctive est souvent la même :
« Ça ne peut pas être bon pour les marchés. »
Après tout, on parle ici :
- D’enjeux géopolitiques majeurs
- D’un point névralgique pour l’approvisionnement énergétique mondial
- D’un climat d’incertitude amplifié par des messages contradictoires
Sur papier, tout semble réuni pour créer de la volatilité… voire une baisse. Mais la réalité est souvent plus nuancée.
Les marchés regardent ailleurs
Contrairement à nous, les marchés ne réagissent pas simplement à ce qui fait les manchettes aujourd’hui. Ils:
- Intègrent déjà une grande partie de l’information disponible
- Tentent d’anticiper ce qui s’en vient, plutôt que de réagir au présent
- Évaluent simultanément une multitude de facteurs économiques et financiers
Autrement dit, ce que nous percevons comme une nouvelle importante est souvent déjà « digéré » par les marchés… ou relativisé dans un contexte beaucoup plus large.
Les histoires qu’on se raconte
Quand les marchés montent ou baissent, on cherche naturellement une explication.
Alors on crée un lien :
« Les marchés montent à cause de… »
« Les marchés chutent en raison de… »
Mais ces explications arrivent après coup. Elles servent surtout à donner un sens à quelque chose qui, en réalité, est beaucoup plus complexe.
Le vrai risque : réagir sur l’émotion
Le piège pour l’investisseur, ce n’est pas l’actualité en soi.
C’est la tentation d’y réagir.
Quand on se laisse guider par les manchettes à court terme, on peut :
- Prendre des décisions impulsives
- Sortir du marché dans un moment de nervosité
- Manquer des périodes de croissance importantes
Dans l’exemple du mois d’avril, quelqu’un qui aurait vendu par inquiétude au pire moment aurait raté un rebond immédiat… et significatif.
Garder le cap
Ce que nous rappelle cette séquence, c’est une chose simple mais essentielle :
Les marchés à court terme sont imprévisibles.
Mais à long terme, ce sont d’autres facteurs qui prennent le relais :
- La croissance économique
- Les profits des entreprises
- L’innovation
- Les cycles d’investissement
C’est là que se crée la valeur.
En conclusion
Si l’actualité vous semble parfois contradictoire ou anxiogène… c’est normal.
Mais elle ne doit pas dicter vos décisions d’investissement.
La vraie question à se poser n’est pas :
« Que vont faire les marchés demain? »
C’est plutôt :
« Est-ce que mon plan tient toujours la route pour mes objectifs à long terme? »
Parce qu’au final, ce n’est pas la prochaine manchette qui fait la différence…c’est la discipline que l’on maintient dans le temps.