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Notre attention a récemment été captée par un article de Tim Shufelt dans le Globe & Mail, se demandant si les investisseurs avaient oublié de paniquer. Cet article portait à réfléchir. Il expliquait que les investisseurs se sont insensibilisés au « chaos constant » que nous vivons tous depuis plusieurs années. Le sujet mérite qu’on s’y attarde. Après tout, les rendements ont été très soutenus depuis longtemps. Au cours des quinze dernières années et plus, nous avons connu des moments de turbulence, mais ils étaient relativement brefs, et même une pandémie mondiale n’a pas réussi à mettre complètement à l’arrêt les marchés boursiers de la planète.

Les participants aux marchés sont-ils devenus trop confiants, ou tentent-ils plutôt de voir rationnellement au-delà du brouillard ?

On pourrait croire, vu le chaos qui règne au Moyen-Orient et les négociations commerciales à venir, que les marchés seraient fortement déstabilisés. En fait, le principal indice boursier canadien (indice composé S&P/TSX) a dégagé un rendement de près de 4 % au 1er trimestre, tandis que les marchés mondiaux (MSCI EAEO) étaient en hausse de 1 % et les marchés américains, en repli de 2 % (tous rendements en CAD). S’il semble que le chaos n’ait eu aucun impact, les marchés ont en fait subi une correction après avoir atteint des niveaux historiques plus tôt cette année. Par exemple, l’indice de référence canadien était en repli de 5 % après avoir atteint des sommets au début de mars.

Selon nous, les marchés ont réagi de façon rationnelle, montant au début de cette année après la publication de prévisions de résultats solides avant de reculer quand a éclaté la guerre en Iran. Si le conflit s’éternise, se propage ou cause plus de dommages, les marchés pourraient poursuivre leur chute. Mais, pour le moment, les investisseurs restent prudents et évitent les secteurs les plus touchés.

Le tableau est le même au Canada. La guerre a permis aux actions des sociétés énergétiques canadiennes d’enregistrer des gains exceptionnels, si bien que notre marché affiche des rendements qui figurent parmi les meilleurs au monde. À l’approche des négociations de l’ACEUM, il faut anticiper une volatilité accrue pour les secteurs les plus exposés. Une issue très défavorable, comme un abandon pur et simple de l’accord, pourrait entraîner une récession au Canada et des liquidations importantes sur le marché. Le marché n’intègre pas ce cas de figure, qui semble peu probable et ne servirait les intérêts de personne. Une réaction qui nous semble, là encore, rationnelle.

Le marché a pour habitude d’évaluer les risques et d’agir en conséquence. Les ralentissements durables du marché sont habituellement causés par des problèmes économiques graves (comme une récession) susceptibles de nuire fortement et durablement aux résultats des entreprises, et pas seulement pour un trimestre ou deux. Les prévisions de résultats restent robustes pour les entreprises, et une récession paraît peu probable.

Peut-être, après tout, les marchés ne font-ils pas preuve d’un excès de confiance aujourd’hui. Ils adoptent peut-être plutôt une vision à long terme devant les perturbations actuelles. Il est important de garder à l’esprit qu’il y aura beaucoup de fluctuations à la hausse et à la baisse à l’avenir. C’est le prix à payer pour des rendements attrayants sur le long terme. Selon nous, les investisseurs qui le comprennent sont bien équipés pour s’en tenir à leur plan, mettre leurs émotions de côté et obtenir de meilleurs résultats à longue échéance.

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